Etre parrain ou marraine veut dire s’engager pour longtemps, si l’enfant est jeune, pour l’accompagner et l’aider sur le long chemin de la vie, cette vie qui a été difficile pour certains enfants dès la naissance. Suite à plusieurs visites avec Marc à des orphelinats, j’ai pu voir ce qu’il a fait pour ces enfants et nous avons décidé de devenir des parrains. Le moment le plus émouvant est le moment que nous avons choisir de devenir marraine et parrain. Nous n’avons pas d’enfants mais j’imagine que c’est comme une naissance (sauf que nous ne sommes pas parents) on ne choisit pas, on accepte l’enfant telle qu’elle est. C’est difficile de devenir marraine et parrain. On aide un enfant mais eux ils ne peuvent  pas nous choisir. C’est tout un long apprentissage pour apprivoiser l’enfant. Comme disait Saint-Exupéry dans le Petit Prince “Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.” Parrainer un enfant pour l’aider à grandir et avoir une éducation décente est une bonne chose. Mais toute cette action doit rester dans une certaine limite, car les enfants que nous aidons sont sous la responsabilité de la maison ou ils vivent. Je pense que c’est une chose énorme pour les enfants de savoir que dans un pays lointain il y a des gens avec un grand coeur qui pensent à eux. Il est bon aussi de nous rappeler que ces enfants ne nous “appartiennent” pas. Ces enfants ne sont pas nos enfants et ils ne sont pas sous notre administration. Quand nous visitons les maisons où habitent les enfants nous sommes des invités pour venir rendre visite à ces enfants et nous n’avons aucun droit concernant l’administration ni la façon dont ces enfants sont soignés ni élevés. Même si parfois ça pourrait être contraire à ce que nous aimerions ou voudrions. Comme je suis Vietnamien d’outre mer (Viet Kieu) il est logique pour moi de choisir le Vietnam. Depuis toujours le Vietnam est dans ma chair et mon cœur. Le parrainage est bien car on laisse l’enfant dans son milieu naturel, dans son monde depuis toujours. J’ai vu que l’adaptation et l’intégration dans une autre vie, une autre culture, une autre monde n’est pas une chose facile. C’est pourquoi depuis toujours je suis contre l’adoption, arracher un enfant à sa propre terre, à sa propre culture, engendre des souffrances physiques et mentales insoupçonnées. Il faut des années pour retrouver sa propre culture, si on a de la chance et si on a une forte personnalité.